Le prophète Daniel. Vitrail Roman de laXIIe siècle cathédrale Notre-Dame d'Augsbourg

 

 

Vitrail du XVe siècle,représente une partie d'échec, codification d'une joute amoureuse.

Technique grisaille et jaune d'argent sur un verre blanc.

ce vitrail provient de l'hôtel de la Bessée à Villefranche s/Saône.

De l'origine a l'époque contemporaine du vitrail

 

Le vitrail médiéval
 

En tant que forme artistique, la technique du vitrail atteint sa plénitude au Moyen Âge.

À partir du VIe  siècle, l'Italie, influencée par Rome, se dote de vitraux enchâssés dans des cadres en bois, quelques fois dans des châssis de métal ou sertis dans du plâtre ou du stuc, cette technique stabilisant les vitraux étant progressivement remplacée (ils subsistent de robustes cadres de fer qui sont encore visibles dans la cathédrale de Chartres et à l’extrémité orientale de la nef de la cathédrale de Cantorbéry) à partir du Xe siècle en Occident par le vitrail au plomb qui résiste mieux à l'humidité de son climat et est un matériau plus souple et malléable. Ces vitraux n'utilisent comme couleurs que le gris, le brun et le noir, aussi ils restent assez sombres et sont employés pour souligner les ombres ou dessiner les draperies de personnages. La plupart n'ont pas résisté aux dégradations du temps, il n'en subsiste que des fragments dans la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, la cathédrale de Beauvais, l'églisecarolingienne de Lorch ou dans la châsse de Séry-lès-Mézières.

La technique de fabrication des vitraux est décrite pour la première fois dans l'histoire dans "De arte vitriaria", deuxième livre du traité sur les métiersSchedula diversum artium rédigé dans le premier quart du XIIe siècle par le moine Theophilus Presbyter.

Durant les périodes romane et gothique primitif (950 à 1240), les ouvertures se développent, exigeant de plus grandes surfaces vitrées. Le style roman utilisant l'arc en plein cintre ne permet que des ouvertures limitées, favorisant les jeux de contraste entre ombre et lumière et se caractérise essentiellement par de petits vitraux en assemblage de médaillons carrés ou circulaires, les scènes étant bordées de riches motifs végétaux (acanthes, fleurons, feuilles, pétales, motifs perlés)8. Le foyer du vitrail médiéval au plomb se trouve d'abord en France, notamment à la basilique Saint-Denis auixe siècle, ou encore à Auxerre ou à Reims.
La palette du peintre-verrier, constituée essentiellement du bleu et de rouge, s’enrichit au XIIIe siècle du vert émeraude ou vert olive, du rouge carmin et vermillon, du mauve, puis au xive siècle du jaune d'argent qui permet de rehausser les couleurs et de teinter dans la masse les vitraux dont la peinture du verre est devenue trop couteuse pendant la guerre de Cent Ans.
 

La réalisation de vitraux médiévaux nécessite des financements importants, les maître-verriers, bien qu'anonymes à l'origine (quelques noms nous sont parvenus à partir de la Renaissance, tels Arnoult de Nimègue, Engrand Leprince, Romain Buron, Dominique Florentin, Jean Soudain, Mathieu Bléville, Arnaud de Moles, Valentin Bousch), étant des artistes très bien rémunérés. Ainsi deux tiers du budget d'une cathédrale est consacré aux vitraux, un tiers à l'architecture. Le financement des vitraux est d'abord assuré par des donations de prélats, de nobles puis à partir du xive siècle par les corporations et les grands bourgeois qui jouent les mécènes dans les chapelles latérales et se retrouvent dans les fabriques paroissiales qui prennent le pas sur les évêques.

 

Au-delà de la représentation iconographique, c'est aussi pour toute la symbolique de la lumière que l'on avait recours aux vitraux durant le Moyen Âge, et plus particulièrement pendant la période dite gothique. Selon Vitellion, intellectuel du XIIIe siècle, on distingue deux sortes de lumières : la lumière divine (Dieu) et la lumière physique (la manifestation de Dieu). Les vitraux étaient alors chargés de transformer la lumière physique en lumière divine, autrement dit de faire entrer la présence divine dans lacathédrale. En outre, la lumière provenant des vitraux a pour but de délimiter un microcosme céleste au cœur de l'église.

 

Le vitrail à la Renaissance
 

Le XV siècle ou première Renaissance, est une période de transition. Les vitraux sont encore réalisés suivant les critères du style gothique, qu'il soit flamand, italianisant ou international, une évolution vers l'art renaissant , dont l'âge d'or fut le XVI e siècle, commence à se manifester.

le XVe siecle est essentiellement celui du vitrail flamand étroitement lié à la peinture flamande, dont les plus illustres représentants sont Van Eyck et Van der Weyden.

Il est caractérisé par l'abandon des grandes baies et des vitraux en médaillons ou légendaires et par un vif intérêt pour l'étude de la figure humaine. La grisailles et le jaune d'argent sont trés utilisés.

Bien que l'on commence à remettre en question la présence des vitraux dans les édifices religieux dés le XVe siècle, ils seraient sources de distraction nuisibles à la contemplation. il reste néanmoins liés à l'architecture gothique jusqu'aux premieres décades du XVIe siècle.

Les premières conceptions de vitraux à la Renaissance sont probablement dues à Lorenzo Ghiberti pour la cathédrale de Florence : elles comprennent trois oculi au dôme et trois à la façade et sont réalisées de 1405 à 1445 par plusieurs artistes tels que Ghiberti, Donatello, Uccello et Andrea del Castagno.

 

Le vitrail au XVIIe siècle et XVIIIe 

 

Dés le fin du XVIe siècle, l'art du vitrail connait une rapide décadence qui va se poursuivre jusqu'au XVIIIe siècle .Le vitrail perd ses couleurs éclatantes, s'affaiblit sur le plan technique, l'architecture classique ne sollicite guère son emploi.Les guerres et conflits religieux de ces siècles ont largement contribué à la disparition des vitraux.Ainsi, la ville de Nancy, en Lorraine , celèbre pour ses fabriques de verres de couleur, fut détruite en 1640.Les vitraux ne verre blanc peint aux émaux, supplanterent les vitraux de pleine couleur.

Par ailleurs , le nouveau style architectural, le Baroque , réclame plus de lumière et donc l'emploi du verre blanc pour mettre en valeur la richesse de ses moulures.

L'élan créateur de perd ainsi que l'intérêt pour les vitraux, qui se détériorent faute d'entretien. Certains furent restaurés en dépis du bon sens, comme ceux de Canterbury.

L'architecture classique privilégie la grisaille ou les verrières blanches, la pénombre des églises gothiques étant assimilée à l'obscurantisme et l'iconographie symbolique du Moyen Âge n'étant plus comprise, ainsi beaucoup de vitraux colorés sont détruits. L’architecture baroque accentue ce déclin du vitrail médiéval en réclamant une lumière blanche pour mettre en valeur ses œuvres d'art très colorées.

 

XIXe siècle, La renaissance du vitrail
 

Le goût du vitrail réapparaît à l'époque romantique et son goût pronancé pour le Moyen-âge. Un retour général aux méthodes médiévales s'impose, il faut retrouver les anciens procédés de fabrication des verres teintés dans la masse, l'emploi des émaux tombant en désuétude. Mais cette tendance n'encourage pas la créativités, mes maîtres verriers se contentent de plagier les modèles anciens sans chercher à faire preuve d'originalité.Aux Etats-Unis, les créateurs John La Farge et Louis Confort Tiffany se livrent à des recherches aboutissant  à la création d'un verre opalescent baptisé verre américain ou Tiffany, différent du verre antique des vitraux médiévaux.

 

Le vitrail du XXe siècle
 

Le renouveau de l'artdu vitrail, amorcé au XIXe siècle et conforté  par l'art nouveau, a entrainé une augmentation du  nombre d'atelier et a poursuivi son évolution au XXe siècle, aboutissant à des créations de plus en plus personnelles.

Les verriers se dépacent dans le monde entier pour satisfaire des commandes .L'ére d'une nouvelle tendance artistique est née, ne cessant d'expérimenter des matériaux et des techniques nouvelles, révolution du processus d'élaboration du vitrail offrant une infinité de possibilités techniques et expréssives jusqu'alors insoupçonnées.

En France, les grands peintres contemporains ont participé au renouveau du vitrail au travers de leurs maquettes ainsi, Fernand Leger a dessiné les verrières en dalles de verre de l'église du Sacré-Coeur d'Audincourt.

Marc Chagall, en collaboration avec le verrier rémois Charles Marq, a réalisé de nombreuses verrières pour les fenêtres hautes de la nef de la cathédrale de Reimset plusieurs autres pour la cathédrale de Metz. Il a dessiné les vitraux de la synagogue du Medical Center Hadassah, à Jerusalem, 12 grandes verrières composées sur le thèmedes 12 tribus d'Israël.

En Allemagne, les artistes qui se sont consacrés à la conception et à l'élaboration de vitraux ont fait preuve d'un tel talent créatif qu'ils ont inventés un style proprement allemand.

Anton Wendling est l'auteur des grandes verrières latérales du coeur de la cathédrale d'Aix-la-chapelle, aux motifs géométriques.

Georg Meistermann a conçu la verrière couvrant 5 étages de la maison dela radio à Cologne et l'immense vitrail courbe de l'église Saint-Kilian de Schweinfurt.

En Angleterre, il faut citer John Piper et Patrick Reyntiens auteurs de l'oeuvre réalisées dans la cathédrale de Lipverpool.

En Espagne, Certains peintres de renom international ont apporté leur talent au monde du vitrail, tel que Joan Miro qui a dessiné des vitraux pour  royale de Saint-Frambourg, à Senlis, exécutés par le verrier français Charles Marq.

Antonio Palacios a introduit en Espagne le vitrail en dalles de verre assemblées au ciment.

Aux Etats-Unis, Louis Confort Tiffany, qui a vécu à cheval sur le XIXe siècle et le XXe siècle, apermis l'industrialisation de la technique du vitrail et developpé les arts décoratifs. On lui doit l'introduction du ruban de cuivre pour sertir les vitraux. L'innovation pröné de cet artiste n'a pas fait d'ombre au vitrail traditionnel. La cathédrale Saint-Pierre et saint-Paul à Washington en offre la parfaite illustration. C'est le français Gabriel Loire qui a donné un nouvel élan à l'art du vitrail en créant une verrière en dalle de verre pour la First  Presbyterian Church de Stamford en 1958 ,dans le Connecticut.  

 

Saint Martin, Saint Jean l'évangéliste.

Westhoffen.

Panneau du vitrail du coeur-1302

 

 

 

 

La dame semble feindre la surprise face à son soupirant distrait.

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